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Subj: MIR : Article de FX0STB a l'encontre OM et SWL
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To  : MIR@WW

Bonjour a tous,

Voici la copie d'un article qui a paru dans "Le Figaro" du 20 avril. Article qui decrit les radioamateurs et ecouteur selon J.P

 Haignere FX0STB.

A vous de vous donner votre propre opinion...

Cet article risque de refaire parler de lui.

Bonne lecture et bonnes 73.


HB9ICC  Sebastien


Article:


En direct de Mir par Jean-Pierre Haignéré



Les voleurs de miel


Chaque mardi, le cosmonaute Jean-Pierre Haigneré,
arrivé sur Mir le 22 février, partage avec les lecteurs
du Figaro, quelques feuilles de son journal de bord et
répond à leurs questions. Vendredi il a effectué une
première sortie dans le vide spatial avec Viktor Afanassiev.
Aujourd'hui, il a choisi d'évoquer un aspect méconnu de
la vie à quelque 400 kilomètres au-dessus de nos têtes :
la sympathique, mais encombrante intrusion des radios
amateurs dans les communications de I'espace.

Se préparer à faire un vol spatial de huit mois est une
chance considérable car cela ouvre la porte à des moments
exceptionnels de la vie et permet d'atteindre dans son
travail un niveau de réalisation peu fréquent. Les
cosmonautes dans leur activité sont porteurs de rêves
des nombreux passionnés de l'espace. Ils sont en même
temps la cheville ouvrière d'un projet qui a mobilisé
une centaine de personnes de plusieurs nationalités
pendant parfois plusieurs années. De très nombreux
regards sont donc dirigés vers eux, pleins d'admiration
et d'envie mais aussi porteurs de l'exigence de lui
faire rendre toutes sortes de comptes. Et nous y sommes
prêts, car nous sommes redevables au public qui
constitue en quelque sorte I'actionnariat de nos
expéditions spatiales. Mais ces exigences prennent
parfois des tournures surprenantes. Bien sûr, nous
avons aussi une vie privée, d'autres passions. Dans
mes grands plaisirs sont les conversations que j'ai
tous les soirs après le travail avec une personne
qui m'est très chère. Je suis toujours émerveillé
par sa vision subtile des choses de la vie et sous
le charme permanent de sa voix ; bref, tout cela me
fait beaucoup de bien.

Tohu-bohu indescriptible

Quand on part dans I'espace, il faut s'attendre à être
privé de beaucoup de choses, mais nous avions fini par
trouver un moyen de prolonger de manière fugitive ces
instants de bonheur en utilisant la station radio
amateur de MIR, sur une fréquence réservée. Nous avons
pu ainsi quelques jours recommencer à goûter à ce miel
quand un radio amateur français, plus bardé d'électronique
que les autres sans doute, a braqué son scanner dans le
trou de la serrure de notre conversation et y a envoyé
ses décibels si chèrement investis. Puisqu'il s'était
invité, nous I'avons laissé nous assurer de sa
disponibilité à notre égard et de sa discrétion,
et nous I'avons remercié aimablement de son contact,
comme nous avons appris à le faire. Nous n'avions perdu
ce jour-là que 30 % de notre miel.

Mais les jours suivants, je n'avais pas encore le micro
en main que j'étais déjà apostrophé par la cacophonie de
dizaine d'appels simultanés, un tohu-bohu indescriptible
d'inconnus qui me réclamaient des QSL et autres 73
auxquels je ne comprenais rien. Il y en a même un qui
m'a parlé en chinois je crois, allez savoir pourquoi ?
Sans parler du brouillage produit par le bruit de
crécelle des modems qui essayaient de s'accrocher
voracement à ma station, Cela m'a rappelé les exercices
de guerre électronique que nous faisions quand j'étais
pilote de chasse.

Bref, Claudie et moi avions été découverts sur les
sentiers dérobés de notre plaisir vespéral sinon verbal.
Le miel a tourné au vinaigre, il n'y avait pas d'image,
il n'y aura plus de son sur 145,940 MHz.

J.-P. H.


Les questions de nos lecteurs

M. Dang Van Chau, Noisy-le-Grand (93) : voyez-vous des
satellites depuis Mir ? Y a-t-il des risques de collision ?

- La densité de satellites à I'altitude à laquelle nous
naviguons est assez faible pour l'instant. Il y en a
beaucoup plus sur l'orbite géostationnaire, à 36 000 km
de nous. La probabilité d'en croiser un à portée visuelle
est donc faible. Tous les objets de taille supérieure à
un centimètre et volant dans I'espace sont répertoriés et
suivis en permanence par des réseaux de surveillance
américains et russes. La troisième semaine de notre vol,
le centre de contrôle de Koroliev nous a annoncé qu'un
satellite américain passerait à 25 km de nous à une vitesse
relative supérieure à 15 km/s. Mais nous n'avons pas réussi
à le voir.

Pourquoi doit-on abandonner Mir ? Ne pourrait-elle servir
d'hôtel ou d'un musée en tournant indéfiniment en orbite ?

- Le principe d'un hôtel ou d'un musée, c'est d'être destiné
à des clients ou à des visiteurs. Aujourd'hui, il n'y en a
pas beaucoup dans l'espace, malheureusement. Mir est en
orbite depuis 13 ans, parce que de nombreux vaisseaux Progress
I'y ont maintenue et que de nombreux équipages I'ont entretenue
pour lui permettre d'être toujours sous contrôle de la terre.
Tout cela suppose un investissement significatif qui ne se
justifie pas dans I'hypothèse de I'exploitation de la nouvelle
station internationale. Si Mir était laissée en orbite sans
équipage, elle finirait un jour par retomber sur terre, sans
que I'on puisse déterminer son point de chute. Elle
deviendrait alors un objet potentiellement dangereux pour
les habitants de notre planète.

J.-P. H.


Vous pouvez adresser, vos questions au spationaute français
aux adresses suivantes :

Jean-Pierre Haignéré,
Service sciences,
Le Figaro,
37, rue du Louvre
75 081 Paris cedex 02
Fax : 01 42 2163 74
Email:    science-medecine@le-figaro.com





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